Prendre soin de son couple : le CARE

Définition de CARE en anglais

Le mot care en anglais ne possède pas de traduction littérale française simple. Certains proposent « sollicitude », mais la notion de « pitié » que sous-entend la sollicitude chez nous est absente de la notion de care. Care peut signifier à la fois : soin, attention, souci et garde.

To take care of, traduit en général par « prendre soin de » ou « se soucier de », signale aussi bien « le soin que l’on prend de » que le fait de « s’enquérir », de « s’inquiéter » de quelqu’un ou de quelque chose.

Le terme care est donc sans équivalent français. Il possède à la fois une dimension perceptive : « faire attenion à », « se soucier de », mais aussi une dimension active: « s’occuper de », « prendre soin ». Je m’en tiendrai donc au terme anglais qui, comme souvent, d’un mot résume tout.

Les 4 axes de réussite d'un couple

Les quatre piliers de l’harmonie du couple ne tombent pas d’un chapeau. Ils sont la synthèse de nombreuses années d’observation des couples, d’expérimentation du couple et d’écoute des patients. En effet, que serait le couple sans ces quatre piliers : Complicité, Amour, Respect et Engagement ?

C comme Complicité

La complicité est indispensable au bon équilibre d'un couple. Être complice, c'est avoir une vision commune de la vie, des valeurs communes, un sens de l'humour partagé. La complicité permet de faire front ensemble, de se ranger derrière un même avis, par exemple en matière éducation des enfants. C'est encore la complicité qui oblige à être loyal vis-à-vis de l'autre. Même en son absence, c'est elle qui nous impose de faire attention à ce qui pourrait blesser l'autre... À chaque fois que la complicité est mise à mal, l'on s'interroge sur l’intérêt d'être l'un avec l'autre.

A comme Amour

Il faut beaucoup d'amour pour continuer à faire l'amour ensemble des années après, pour être plus forts ensemble face à l'adversité, pour supporter les contraintes familiales de l'autre, pour accepter l'autre tel qu'il est... À chaque défaillance de l'amour, on s'interroge sur notre capacité à continuer longtemps ensemble.

R comme Respect

Le respect est indispensable à toute les étapes de la vie du couple. Il ne souffre pas d'exception, il est même totalement indispensable en cas de conflit... À chaque manque de respect, les membres du couple ont envie de partir, de quitter l'autre.

E comme engagement

À chaque signal de non-engagement, les membres du couple regardent ailleurs.

Pour résumer : c’est l’absence de complicité qui fait douter du choix de l’autre; l’absence d’amour qui empêche de tenir bon sur la distance; l’absence de respect qui pousse à quitter l’autre; et l’absence d’engagement qui encourage les trahisons.

En revanche, un couple complice, aimant, respectueux et engagé l’un envers l’autre est un couple qui va bien et qui a de l’avenir.

Faire progresser son niveau de CARE

Le niveau CARE de votre couple est un bon reflet du niveau d’harmonie qui règne entre vous.

Lorsqu’un couple rencontre certaines difficultés, les intrications sont si intimes entre la part de soi atteinte et le rôle de l’autre, que la perception que l’on a du conflit est nécessairement confuse. Il est très souvent difficile d’y « voir clair », de « prendre du recul » et, pour finir, d’être objectif, et d’agir correctement.

Le but de la méthode d’évaluation est de vous aider à prendre un recul nécessaire, et de vous offrir une forme de synthèse qui vous permettra ensuite d’agir positivement. Il est très difficile, quand on évoque les conflits de son couple, de prendre de la hauteur et de dépasser les épisodes du type : « Il m’a dit ça, alors je lui ai répondu ça, et là vous savez ce qu’il me dit… ».

 

La méthode CARE a pour but de vous faire passer à la vitesse supérieure dans l’analyse de vos problèmes de couple, et de vous proposer des solutions simples mais redoutablement efficaces.

Pour autant, la résolution des conflits passe par deux préalables. Le premier est d’admettre sans discuter que les responsabilités de l’échec d’un couple sont toujours partagées. Il s’agit d’accepter que l’on est responsable au moins à 50% de ce qui se passe. C’est un préalable totalement arbitraire mais bien utile. Cela permet de ne plus se situer dans une sorte d’estimation des torts des uns et des autres, de sortir du raisonnement de justice cherchant à savoir qui a tort, qui a raison, et de réfléchir, comme l’éthique du CARE nous y invite, en se demandant « ce qui est important et ce qui ne l’est pas ».

Le second préalable est d’admettre que, si l’on essaie de préserver son couple, certains actes sont regrettables, voire interdits. En effet, certaines actions et certaines paroles ont une portée violente, elles ne peuvent s’oublier et marquent définitivement. L’impulsivité qui accompagne certains actes peut avoir des effets irréversibles. Certains ont tendance à oublier rapidement les mots, les gestes qu’ils ont prononcés quand ils étaient hors d’eux ou sous le coup de la colère. À froid, si l’on repassait le film de ses actions ou l’enregistrement de ses propos, on nierait en bloc, tant il est parfois difficile d’assumer ses mots ou ses actes après coup.

Ce sont en général les mêmes qui comptent sur l’amour et le pardon de l’autre, tout en étant en général peu aptes eux-mêmes à pardonner. Mieux vaut ne pas avoir besoin du pardon de l’autre. C’est en amont qu’il faut réfléchir, car, après, il est définitivement trop tard, le mal est fait. Il est impossible de gommer certains souvenirs douloureux. Au mieux, l’on passera par une phase de réparation, quand elle est possible, mais rien ne sera plus jamais comme avant.

 

Dans la société où nous vivons, la notion de justice pour tous est la règle.

Tant bien que mal, elle offre toujours un recours. Il va sans dire qu’il s’agit d’une société où le respect et l’égalité des droits sont les devoirs de tous. Ainsi, aujourd’hui, chacun est relativement libre de choisir la vie qu’il mène. On peut avancer sans trop se tromper que, en dehors de milieux défavorisés, on ne subit que ce que l’on « accepte » de subir.

Ce propos peut certes paraître provocateur et semble négliger la notion de victime. Il ne s’agit pas de réveiller la colère de ceux qui n’ont pas le choix de faire autrement, qui argumenteront en disant que « ce n’est pas si simple », que « les difficultés économiques et autres ne donnent pas toujours la liberté que l’on souhaite ». Ce n’est, bien sûr, pas simple de refuser la vie que l’on mène et de décider d’en choisir une autre.

Ce n’est pas simple, mais, pour autant, ce n’est qu’exceptionnellement impossible. Tout le monde n’est pas égal face aux difficultés, tout le monde, n’a pas les mêmes ressources psychologiques. Il est parfois difficile de faire le choix de ne pas subir. Mais, en dehors de cas de figure qui restent marginaux, nous avons tous les moyens ou des ressources pour ne pas supporter l’insupportable. Il y a bien souvent un choix inconscient, certes, de préférer une souffrance connue au plongeon dans l’inconnu, nécessairement très anxiogène, du changement de situation. Rien ne fait plus peur que l’inconnu.

 

La première question que vous devez vous poser, avant de faire le choix de préserver votre couple est la suivante : est-ce que votre relation mérite d’être conservée ? Est-elle saine et bonne ?

Si vous avez acquis la certitude que votre couple repose sur des bases saines, il est alors toujours possible d’en améliorer les travers.
Tout couple a des chances de s’en sortir. Seul le point de non-retour, qui se situe au moment où l’un des deux n’a plus envie de faire quelque chose pour sauver son couple, condamne celui-ci, quel qu’en soit le bilan.

Le but de la méthode CARE est de vous aider à avoir une vision claire de la situation et des « progrès » à faire. Il s’agit de vous proposer d’adopter une autre posture, de transformer votre conception même de la relation de couple, de son sens profond. Pour cela, il va vous falloir sortir du cadre de vos raisonnements actuels, qui ont tendance à vous enfermer dans un éternel ressassement dont vous connaissez par coeur l’issue.

Les relations affectives entrelacent tant d’émotions qu’il est en général extrêmement difficile d’avoir une vision objective de son couple, alors qu’il est aisé de voir ce qui se passe chez les autres… Quoi qu’il en soit, il n’ y a que les deux membres d’un couple qui peuvent faire ce qu’il faut pour améliorer la situation.

Le projet CARE de votre couple va vous demander une plus grande attention à l’autre, un travail de redécouverte de l’autre, une volonté d’augmenter votre sensibilité à la singularité de l’autre, et de renouveler votre désir d’engagement dans ce couple-là.

Pour conclure, je souhaiterais m’adresser aux couples dans lesquels règnent la violence physique et/ou verbale, et donc la peur.

Aujourd’hui encore, trop de femmes – essentiellement des femmes, mais aussi des hommes –  vivent dans la terreur et subissent les coups de leur conjoint. Aucun coup n’est acceptable, aucun. La première main levée, avant même qu’elle ne s’abatte, signe la fin de la confiance. La brutalité dans le couple est hors de propos ici, c’est une relation criminelle qui relève de la justice. La moindre main levée devrait faire l’objet d’une main courante. Ne vous laissez pas battre, rien ne justifie la violence. Rien. Pas même une fois !